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Recréer le logement social

par Anne Cormier, publié le 2007-10-01
Le CCC présente ce mois-ci les projets et les lauréats du concours du LEAP intitulé « Repenser et redéfinir le logement social au centre-ville » centré sur des sites montréalais. Ce concours s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche-création intitulé « Le logement social comme espace de création, d’innovation et de critique dans les centres-villes canadiens » subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada dans le cadre de son programme d’appui à la recherche-création, un programme qui contribue au renouveau et à la dynamisation de la recherche et dont nous déplorons la suspension. Cette suspension est d’autant plus malheureuse qu’il s’agisse du seul programme national favorisant la collaboration entre chercheurs et créateurs. Rappelons que la recherche-création est une recherche directement liée à un travail de création artistique ou littéraire, qui en favorise l’avancement ou l’évolution et qui contribue à la formation des étudiants.

Tout comme le premier concours du LEAP lancé en 2006, ce second volet vise à explorer les idées nouvelles que peut engendrer l’implantation de logement social en centre- ville et à initier une réflexion architecturale, urbaine et politique sur la définition des centres-villes en proposant, cette fois-ci, une ville et un lieu, soit Montréal et le secteur limité par les rues Guy, Sainte-Catherine, Peel et par le boulevard René-Lévesque. Ce secteur se trouve à la jonction de zones significatives dans la définition du centre-ville, soit la Cité de la technologie, l’Université Concordia, la grande artère commerciale de la rue Sainte-Catherine, le centre des affaires et à proximité de deux importants musées, le Musée des Beaux-arts et le Centre Canadien d’Architecture. Considérablement déstructuré au cours des quarante-cinq dernières années, il est aujourd’hui principalement constitué de lots non construits occupés par des stationnements. À l’heure où le centre-ville de Montréal connait le retour des mieux nantis et se transforme peu à peu sous l’effet de la construction de condominiums de luxe, le secteur mis à l’étude dans le cadre du concours semble constituer un terrain d’essai idéal.

Les résultats de cette recherche-création offrent un portrait pan canadien saisissant de l’état de la réflexion des étudiants en architecture sur le logement social et la ville. Curieusement, dans le premier concours, comme dans le second, le travail sur la forme urbaine a généralement primé sur l’étude fine des espaces de vie, comme si l’espace domestique n’offrait qu’un champ de recherche et de création limité et, particulièrement dans le second concours, comme si l’importance de la problématique urbaine et le désir de transgresser l’ordre établi des alignements, des gabarits et des reculs avaient monopolisé toutes les énergies des concurrents.

Plusieurs des propositions au second concours du LEAP témoignent d’une transgression de la trame existante et ont recours à une architecture modulaire qui pourrait être inspirée des grands projets d’Archigram ou de Team Ten en reprenant certaines des idées qui se sont concrétisées dans la réalisation d’Habitat 67. On pourrait également évoquer ici le socle urbain des Îlots Saint-Martin, les redents de Benny Farm et les grands espaces des Habitations Jeanne- Mance, des dispositifs revisités avec grand enthousiasme par une nouvelle génération férue d’écologie et qui a de la vie urbaine, de la mixité sociale et d’un certain chaos, une vision apparemment plus sereine que celle de ses ainés. En fin de parcours, le jury aura surtout été séduit par un projet sensible, imaginatif, et somme toute, modeste, qui traite du logement à l’échelle du quartier montréalais et qui, par son traitement graphique, fait oublier l’ubiquité du numérique.


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